Bienveillance…   Le mot est lâché. Souvent il dérange, et en particulier dans les milieux professionnels ou politiques. Ce ne sont alors que moues affables, sourires en coins,haussements d’épaule complices entre ceux qui connaissent “la vraie vie”, ceux qui savent que “ce n’est pas comme ça que ça se passe”. La bienveillance, ce serait un “truc de femmes”, ou de bisounours. Une attitude privilégiée par les mous, les rêveurs, les loosers….

Je peux comprendre cette réaction (j’ai dû penser comme ça aussi, il y a quelques années). Mais, à y regarder de plus près, la bienveillance s’avère beaucoup plus puissante et utile qu’il n’y parait. Et, dans certains cas, elle peut même se révéler mordante. Pour le comprendre, commençons par clarifier ce dont nous parlons.

Bienveillance ? Qu’entend-on par là exactement ?

Il suffit d’observer avec attention le mot pour en percevoir le sens profond : bien-veillance, veiller à ce que ça aille bien. L’étymologie nous le confirme, indiquant l’origine latine bene-volens : qui veut le bien.

Dès lors, nous serions bienveillants si nous pensons utile, voire indispensable, de veiller activement à ce que ça aille bien. Si nous veillons à ce que ça aille bien pour nos collaborateurs, nos clients et fournisseurs, pour les exclus de la société, pour nos proches, pour l’environnement et la planète, pour les générations futures… Et pour nous-même aussi. Car si je ne me soucie pas de moi, comment pourrais-je être en mesure de prendre correctement soin des autres ? Mais pas uniquement car, a contrario, rien ne me sert de me soucier de moi, si je ne m’occupe pas aussi des autres.

Comment pourrait-on espérer être un bon dirigeant ou manager sans se soucier du bien-être de ses équipes ? (Une large étude organisée au niveau mondial par Google, pour identifier les clés de la performance des équipes le confirme de manière indéniable. J’en parle dans cet article.)

Et comment prétendre être un bon parent si on ne prend pas soin de ses enfants ou, à l’inverse, si on sacrifie sa santé pour eux ?

“Si je ne m’occupe pas de moi, qui le fera ?

Et si je ne m’occupe que de moi, à quoi ça sert ?

Et si je ne le fais pas maintenant, alors quand ?”

Hillel

La bienveillance n’est pas une qualité innée. C’est une vertu qui s’exerce, et sa pratique requiert un sacré courage. Elle est proche de la compassion et est, en bonne partie composée des mêmes ingrédients.

Les quatre étapes de la compassion (selon Stanford)

La compassion fait l’objet de nombreuses études à travers le monde. Notamment à l’université de Stanford où ont été identifiées les quatre étapes principales qui la composent :

1/ Prise de conscience d’une difficulté ou d’une souffrance

En observant une personne, un groupe de personne, un animal, la nature…, je me rends compte de l’existence d’une difficulté, d’une souffrance. Je vois par exemple un enfant qui pleure à côté d’un vélo.

2/ Sensation de la douleur subie

Je peux me faire une idée de la nature de cette difficulté ou douleur, par un ressenti empathique. L’activation de mes neurones miroirs génère en moi un avant-goût de cette souffrance. Je vois dans les yeux de cet enfant qu’il souffre. J’ai une idée de la douleur que génère une plaie ouverte. Je ressens même légèrement cette douleur. Je vois aussi de la peur dans son regard. Je la reconnais car je connais bien moi-même la peur.

3/ Décision d’intervenir pour diminuer ou arrêter cette souffrance

Je décide de faire quelque chose et conçois une action qui me semble appropriée. Concrètement, je m’arrête et décide de faire quelque chose pour aider cet enfant.

4/ Passage à l’action

J’entre en action de manière directe ou indirecte. Je m’accroupis près de l’enfant et lui demande de me décrire sa douleur : où a-t-il mal ? Peut-il bouger ? Y aurait-il quelque chose de plus sérieux que cette égratignure? En même temps, je le tranquillise en lui disant qu’on va s’occuper de lui, que ses parents vont être prévenus, que ça arrive à tout le monde de faire une chute en vélo… Puis, je prends la trousse de secours de la voiture et je désinfecte la plaie, etc. Cette action peut aussi se faire de manière indirecte. Par exemple, pour un événement qui s’est passé à l’autre bout du monde, je peux, selon mes convictions, méditer, prier, soutenir une ONG… Je peux même me sentir forcé d’avoir recours à la force si la situation l’impose. Les défenseurs des droits de l’homme sont loin d’être des bisounours tous les jours.

Ne plus confondre empathie et compassion

Empathie et compassion sont souvent confondues, à tort. La première se limite aux deux premières étapes de la compassion (prendre conscience d’une souffrance et se faire une idée de ce que l’autre ressent). En s’arrêtant à cette deuxième étape, l’empathie peut donner lieu à d’autres formes de réactions. La professeur de psychologie sociale de l’université de Princeton (USA), Susan Fiske, a étudié ce phénomène de manière trans-disciplinaire. Elle nous apprend que, spontanément, l’attitude que nous aurons face à un autre dépend de notre manière d’apprécier cette personne, selon deux axes croisés : le niveau de compétence qu’on lui reconnaît et la chaleur émotionnelle que nous éprouvons pour eux.

Dès lors, si la personne en souffrance nous semble peu ou pas compétente (réaction que l’on pourrait avoir au premier abord pour un sans-abri par exemple), nous pourrions ressentir de la pitié face à ses difficultés ou, pire, du dégoût. Notre réaction serait alors de détourner le regard ou de lui laisser une petite pièce de monnaie, pour dédouaner notre culpabilité, quand il ne s’agit pas de prendre des mesures pour éviter qu’il puisse à nouveau se trouver sur notre chemin le lendemain.  

Ne sombrons pas dans la détresse empathique

Une autre forme de réaction face à la douleur d’autrui est la détresse empathique. Nous ressentons à tel point sa souffrance, qu’elle nous envahit et nous submerge. Nous pouvons alors fondre en larmes, déprimer ou nous évanouir… Autant de solutions qui ne conviennent ni à la personne en souffrance, ni à nous-même.

Pour éviter cela, il importe de dépasser les deux phases d’empathie (cognitive et émotionnelle) et de passer aux étapes 3 et 4 décrites ci-dessus. Décider d’agir et passer à l’action.

Au delà de la compassion… la joie !

Ce que j’aime particulièrement dans la bienveillance, c’est que son rôle ne se limite pas à réduire ou arrêter la souffrance. Elle nous invite à aller bien. Ca veut dire ressentir de la vitalité physique, de la clarté mentale, du bien-être social. Et quand on va bien, on ressent de la joie, de l’enthousiasme. Et, bonne nouvelle, cette belle énergie est communicative. Alors, pour que vous vous sentiez bien, je vous souhaite de tout coeur de vivre dans la joie ! Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour le faire moi-même et contagier mon entourage. On s’y met tous ? Chiche ?!!

Qui bénéficiera de votre bienveillance en 2018 ?

Pour conclure, si vous avez envie de tirer pleinement parti de l’année qui arrive, à qui et à quoi consacrerez-vous votre bienveillance ? Quelles seront les bénéficiaires de votre attention, de votre empathie, de votre compassion ? La première personne de la liste, vous le savez, c’est vous-même. Soyez altruistement égoïste. Traitez-vous comme vous aimeriez que vous traite votre meilleur ami. Soyez à l’écoute de vos émotions, de vos besoins, de vos envies. Faites-vous du bien. Accordez de l’importance à ce qui fait sens pour vous, en commençant sans doute par votre santé et votre forme. Et célébrez vos moments de joie, vos dépassements personnels, votre forme…

Et dès lors que vous vous occupez bien de vous, préoccupez-vous aussi des autres. Comment choisir ? Tout dépend de vos conditions de vie, de vos souhaits et priorités. Famille, entourage, générations futures, environnement, SDF, migrants… les options sont nombreuses. Et si vous manquez d’idée, visitez le site du projet blueturn. Vous verrez qui a besoin de vous 😉

Une demande à vous faire, pour terminer

Pour terminer cette longue publication, j’ai une demande à vous faire. Accepteriez-vous de partager cet invitation à la bienveillance autour de vous ? Imaginez un instant que nous veillions tous davantage les uns sur les autres, que nous prenions mieux soin de ceux qui souffrent, que nous prenions tous à coeur d’agir pour l’avenir de la planète et pour cultiver la joie au quotidien… Ce monde serait plus accueillant, n’est-ce pas. C’est à ce monde-là que j’ai envie de contribuer. Votre aide sera précieuse. 

Merci d’avance et à bientôt…

En toute amitié,

 

Pierre

Source image : http://blueturn.earth/#blueturn_videos

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