LA PAIX ! s’écrie Dorothée Werner. Grand reporter, elle signe dans un récent numéro du Elle, un édito qui m’a bien parlé : “On en a ras le bol des injonctions qui veulent nous rendre encore plus performants et efficaces”. Et je comprends son énervement : Pourquoi faudrait-il que je me dépasse ? Baignés dans des injonctions constantes, des exhortations à faire mille choses à la fois, notre quotidien nous inonde et nous submerge. Cultivez la sérénité, révolutionnez votre vie, osez, méditez, boostez votre bonne humeur, bannissez l’anxiété et la compétition… et j’en passe. Pourquoi ? Oui, pourquoi devrais-je me dépasser alors que j’ai l’impression d’en faire déjà tellement ?

La réponse est simple et double : primo, parce que se dépasser c’est apprendre à s’aligner avec soi-même. Deuxio, on n’est pas “obligés” de se dépasser en tout et tout le temps, mais ça fait du bien quand même.

Et je dois bien le reconnaître, dans ma très longue vie 😉 chaque fois que je suis allée plus loin, chaque fois que je me suis poussée à aller au-delà de mes acquis, j’ai gagné en confiance.  Et je me suis sentie de meilleure humeur, plus ouverte aux autres.

Dans ces moments-là, où j’ai l’impression d’en faire un peu plus, je me sens fière de moi. Ça ne vous fait pas cet effet-là ?

Mais… pas de précipitation… Et surtout, PAS DE PRESSION !

Il ne s’agit pas d’une formule magique qui vous garantit la plénitude absolue et le bonheur. C’est juste une voie que je vous propose d’emprunter.

Sous des formes différentes d’ailleurs, le thème du  dépassement de soi s’est décliné à travers différents courants philosophiques. Les Stoïciens par exemple préconisent un développement de soi comme modèle ascétique, un dépassement à la fois physique et intellectuel mais toujours dans l’harmonie, l’équilibre et la proportion. Quant aux Modernes, et plus précisément au siècle des Lumières, l’Homme est considéré comme la mesure de toute chose. La Modernité est traversée par un appel avide au progrès le dépassement de soi est alors conçu comme un accès direct à la connaissance et au Bien suprême. Mais c’est peut-être la vision de Nietzsche, ce grand perturbateur, qui me parle le plus. Avec son concept de Surhomme (qui prononçait également par là la mort de Dieu), Nietzsche nous invite à nous défaire de toute forme d’aliénation, à les dépasser et par-delà devenir créateur de notre propre vie.

On évolue en se dépassant

Depuis l’enfance, et même depuis la nuit des temps, l’Homme apprend en se dépassant, en se surpassant. Parfois pour le pire, et souvent pour le mieux.

Ne sommes-nous pas en mouvement constant, comme la vie ?. Se dépasser, c’est honorer l’élan vital qui nous habite et nous anime. En niant celui-ci, nous risquons la dépression et, avec elle, nous perdons l’envie d’agir, d’apprendre, de nous dépasser et d’être ouverts aux autres.

Se dépasser = s’augmenter ?

Se dépasser, dans le sens où je l’entends ici, ne veut pas dire jouer à Dieu (quel qu’il soit) ou aller au-delà des limites du bon sens et d’une certaine éthique. Il ne s’agit pas de dépassement dans le sens proposé par les transhumanistes qui s’amusent à imaginer un futur proche fait de cyborgs, ou autres formes d’êtres humains “augmentés”, un monde où l’Intelligence Artificielle concurrencerait les hommes, voire prendrait l’ascendant sur eux. (Mais nous en parlerons sans doute dans un article future ou dans une autre dimension 😉

Non, se dépasser c’est plutôt entrer en dialogue avec soi-même pour oser aller de l’avant dans les limites d’une certaine rationalité.

Se reposer sur ses lauriers ?

Se dépasser, c’est oser affronter des situations compliquées plutôt que les fuir. C’est se remettre en question plutôt que se reposer sur ses lauriers. C’est continuer à apprendre plutôt que capitaliser sur les connaissances acquises. C’est se fixer des petits défis quotidiens – ou même des grands. C’est se plonger dans une passion, s’impliquer avec davantage de coeur dans son travail, sa vie de famille ou un projet citoyen. C’est venir en aide à quelqu’un, s’entraîner plus sérieusement dans un sport, changer une habitude néfaste…

Se dépasser nous fait du bien parce que cela permet de mieux se connaître et de renforcer la confiance en soi. Et la science nous montre par ailleurs que, lorsqu’une situation nous met raisonnablement au défi, nous en tirons une forme de bien-être et de la satisfaction.

Se dépasser, enfin, c’est s’ouvrir à l’altérité, c’est aller à la rencontre des autres. Pour apporter des solutions à la mesure de problèmes vastes et complexes comme ceux liés à l’environnement ou à la justice sociale, un mouvement collectif massif est nécessaire, et c’est en dépassant le périmètre de notre propre personne qu’on peut y arriver.

Le repos du guerrier

“Foutez-vous la paix” est le dernier livre du “philosophe pas zen”, Fabrice Midal. Il nous apporte un salutaire souffle d’air frais. Certes, se dépasser est important, mais s’apaiser l’est aussi. Arriver à lâcher la pression ne veut pas dire ne rien faire, cela veut dire arriver à faire les choses avec une sérénité intérieure.

J’ai pu le remarquer : quand je cherche à en faire beaucoup, mais surtout à “bien” faire les choses (comme j’imagine qu’elles devraient être faites), la panique m’envahit et m’empêche alors d’appréhender ce que j’ai envie de faire de façon apaisée. Si bien que, parfois, je me sens triste, parce que je pense que ce que je fais n’a pas été “assez bien fait”. Dans ces cas, je cherche trop à agir “comme il faudrait que j’agisse”, selon des standards de vie idéalisée, mais qui ne sont au final pas moi, qui ne me correspondent pas .

Fabrice Midal nous propose une alternative légère et joyeuse, qui consiste à revenir à un certain sens de l’être. A force de vouloir trop faire et trop bien faire, nous dit-il, on entre dans un rapport économique avec nous-mêmes et quelque chose en nous est alors étreint.

Il ne nous dit pas que la « machine » doit s’arrêter. Au contraire : “je ne veux pas être un légume, je suis stressé, je suis triste parfois, je suis hyperactif.” On peut donc mener de front plusieurs projets, et même être stressés, mais il fait bon aussi de s’octroyer des moments de relâchement pour éviter que la machine ne s’enraye. Soyez qui vous voulez et comment vous le voulez, mais please, lâchez-vous la grappe !

Une petite promenade dans la nature ?

Se dépasser est donc important parce que cela entretient une forme de dialogue et de “partenariat” avec soi-même qui nous rend plus fort et peut contribuer à notre bien-être. Mais comme tout dans l’existence, cultiver la mesure et l’équilibre est vital.

Alors dépassons-nous, mais sortons aussi nous dégourdir dans les bois, pour être en mesure de continuer à nous épanouir et de faire plein plein de choses à la fois, avides que nous sommes d’activités et de challenges.

Victoria

Ne cesse jamais de sculpter ta propre statue.
Plotin

crédit photo: Clique Images

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